[...] le travail de Caroline Vaillant dont la particularité consiste à s’appuyer sur
une technique que l’on croyait vouée au temps de nos grands-mères, le tricot.
En fait, c’est moins le truchement qu’il faut considérer que ce qu’elle signifie et favorise : le passage d’une activité solitaire, qui réclame somme toute un certain temps, à une interaction avec d’autres êtres, sollicités pour intervenir dans l'œuvre. Ce qui fait que le travail de Caroline Vaillant peut s’avérer collectif [...]. Au fond,
sa technique se rapprocherait de celle du «cadavre exquis» où chaque intervenant poursuit le travail commencé par son prédécesseur. Les pièces tricotées peuvent ensuite serpenter parmi les salles d’exposition et on imagine qu’un lieu comme
La Vigie, dans sa verticalité et sa particularité architecturale, se prête à de multiples explorations. Au fond, il s’agit de recréer du tissu social mais sans passer par les réseaux numériques, au contraire, en réactivant et en réactualisant le travail manuel. Autrement dit du temps à mesure humaine. [...] Après tout, il faut bien commencer par un nœud, ou du moins par un point, pour reconstruire le tissu social.


BNT, l’art-vues, octobre-novembre 2014.